la francophonie
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Dès le XVIIIe siècle, coureurs des bois, pelletiers et voyageurs canadiens-français, utilisant la route tracée par La Vérendrye durant les années 1730, se rendent dans l’Ouest canadien. Devenus « hommes libres », ces voyageurs et leur conjointe amérindienne élisent domicile dans l’Ouest, donnant ainsi naissance à un nouveau peuple, les Métis de l’Ouest canadien.

Avec l’arrivée des abbés Norbert Provencher et Sévère Dumoulin en 1818, et de colons canadiens, la présence francophone s’ancre définitivement du côté est de la rivière Rouge à la hauteur de l’Assiniboine, avant de s’étendre à toute la future province. Saint-Boniface est la « capitale » catholique et francophone de la colonie naissante de la Rivière-Rouge.

Le Manitoba : une province bilingue
La colonie de la Rivière-Rouge devient la province du Manitoba en 1870, suite à un mouvement populaire et démocratique mené par Louis Riel. L’Acte du Manitoba, la constitution de la nouvelle province, reconnaît la dualité linguistique et culturelle de la nouvelle province. Le français et l’anglais sont sur un pied d’égalité au Parlement provincial et devant les tribunaux.

Entre 1870 et 1885, les francophones métis et canadiens deviennent très rapidement une minorité. L’immigration ontarienne et britannique dépasse, et de loin, le nombre de francophones venant du Québec et de la Nouvelle-Angleterre. Formant plus de la moitié de la population en 1870, les francophones représentent seulement un peu plus de 10 % de la population manitobaine en 1886.

Suppression des droits linguistiques
Malgré l’infériorité numérique des francophones et malgré les lois inconstitutionnelles de 1890 qui font de l’anglais la seule langue officielle de la province et qui suppriment les écoles confessionnelles, la francophonie manitobaine continue de se développer et de croître. Aux Métis et aux Canadiens français s’ajoutent des Français, des Belges et des Suisses venant de l’Europe francophone. En 1916, La communauté francophone se mobilise et fonde l’Association d’éducation des Canadiens français du Manitoba.

Vivant dans des paroisses rurales presque exclusivement francophones, ou à Saint-Boniface, un centre urbain francophone voisin de la capitale manitobaine, les Franco-Manitobains contrôlent, jusqu’aux années 1950, leur destin économique, éducatif, social et culturel.

Une francophonie moderne
L’après-guerre transforme complètement la société manitobaine. L’exode menace l’existence de nombreuses communautés rurales. Les communautés francophones deviennent linguistiquement mixtes. Le pluralisme linguistique et culturel devient un élément incontournable de la nouvelle réalité.

Bâtissant sur les acquis de leur passé, les Franco-Manitobains relèvent les nouveaux défis posés par la société moderne. Juridiquement, le statut du français comme langue officielle au Manitoba est rétabli en 1979. La gestion de l’éducation en français langue première par les Franco-Manitobains est reconquise en 1993.

La Société franco-manitobaine, créée en 1968, est aujourd’hui l’organisme porte-parole officiel de la communauté francophone du Manitoba.

Quelques dates

1738 L’explorateur La Vérendrye atteint le site actuel de Saint-Boniface.
1818 Fondation permanente de l’Église catholique dans l’Ouest canadien.
1844 Arrivée des Sœurs Grises de Montréal à Saint-Boniface. Elles œuvreront principalement dans le domaine de l’éducation et de la santé.
1867 Confédération du Canada.
1870

Louis Riel et son gouvernement provisoire négocient l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.

La loi de 1870 sur le Manitoba stipule que la province est bilingue aux niveaux législatif et juridique.
1871 Fondation de l’Hôpital général Saint-Boniface.
1883 Création du village (ou de la ville comme on disait à l’époque) de Saint-Boniface, le premier gouvernement municipal urbain francophone au Manitoba.
1890 La législature du Manitoba supprime la langue française comme langue officielle de la province.
1913 Fondation du journal La Liberté.
1916

La loi Thornton abolit l’éducation en français.

Création de l’Association de l’Éducation des Canadiens français du Manitoba (A.É.C.F.M.) pour lutter en faveur des droits scolaires.

1925 Fondation du Cercle Molière.
1946 CKSB, une radio créée par les dons de francophones du Manitoba, entre en ondes le 27 mai.
1947 Fondation de l’Ensemble folklorique de la Rivière-Rouge.
1955 On autorise l’enseignement du français de la 4e à la 6e année.
1967 Restitution partielle du droit d’enseigner en français.
1968 Fondation de la Société franco-manitobaine, qui remplace l’A.É.C.F.M., mais avec un mandat plus étoffé.
1969 Adoption de la Loi sur les langues officielles.
1970 Le français reprend la place qu’il avait occupée avant 1916 comme langue d’enseignement, sur un pied d’égalité avec l’anglais.
1974 Fondation des Éditions du Blé.
1978 Création de la Fédération provinciale des comités de parents.
1979

La loi de 1890 abolissant le français est jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême du Canada.

Fondation des Éditions des Plaines.

1980 Dévoilement du drapeau franco-manitobain choisi lors d’un concours provincial organisé par le Conseil jeunesse provincial.
1980 Création du Secrétariat des services en langue française du gouvernement du Manitoba.
1982 Rapatriement de la constitution canadienne et adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Les minorités de langues officielles se voient garantir la gestion de leurs écoles dans leur langue maternelle.
1985 La Cour suprême du Canada déclare que toutes les lois de la province sont inconstitutionnelles puisqu’elles sont uniquement adoptées en anglais.
1991 Mise en ondes de la radio Envol 91,1 FM.
1992

Adoption de la Partie III de la loi sur la Ville de Winnipeg établissant les services municipaux en français.

Le gouvernement du Canada reconnaît le rôle unique et historique de Louis Riel à titre de fondateur du Manitoba.

1993 La Cour suprême du Canada affirme que la Charte des droits et libertés garantit aux Franco-Manitobains la gestion de leurs écoles françaises.
1994

Mise sur pied de la Division scolaire franco-manitobaine no 49 avec ses 22 écoles.

Signature de la première Entente Canada-communauté franco-manitobaine.
1996 Fondation du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba.
1998

Établissement d’un plan de développement global pour la communauté franco-manitobaine.

Dépôt du rapport et des recommandations sur les services en français au sein du gouvernement du Manitoba (rapport Chartier).

1999 Ouverture officielle du Centre de santé Saint-Boniface Inc.
2000 Ouverture de la Maison des artistes visuels francophones.
2001 La ville de Winnipeg remplace les panneaux bilingues Arrêt/stop par des panneaux unilingues anglais. Suite à de fortes revendications notamment formulées par la Société franco-manitobaine, les panneaux bilingues sont remis en place.

Adoption d’un nouveau logo bilingue par la ville de Winnipeg.

Le ministre responsable des Services en langue française présente le premier rapport sur les services en français.

La Société franco-manitobaine adopte la stratégie « Agrandir l’espace francophone ».

2002

Ouverture des Centres de services bilingues.

Nomination de la Franco-Manitobaine Maria Chaput au Sénat canadien.

Ouverture de la Maison Gabrielle-Roy.


 

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Le site officiel des francophones du Manitoba a été créé par la Société franco-manitobaine.